• L'intelligence, comment ça marche ?

     

    L'intelligence repose sur un processus en plusieurs étapes : il faut :

     

    1) capter les informations (rôle de la sensibilité)

     

    2) les traiter et en déduire le comportement adapté (rôle de l'intellect).

     

     

     

    Il y a donc une condition nécessaire de l'intelligence : c'est la sensibilité, la perception.

     

    Il faut capter les signes et les signaux qui nous parviennent pour pouvoir appréhender de manière exacte, fiable, la réalité qui nous entoure ; pour pouvoir comprendre. L'intelligence suppose d'avoir le sens de l'observation, mais pas seulement ! Car la nature a eu la bonne idée de nous munir de cinq sens pour appréhender au mieux la réalité. Cette perception est consciente mais aussi inconsciente (c'est le cas par exemple avec la captation des phéromones émises par nos congénères ; ce signal est reçu, et traité, sans que nous nous en rendions compte).

     

    Le point de départ de l'intelligence ce sont donc nos sens : ce sont eux qui vont nous permettre de savoir dans quel sens aller, quelles décisions prendre aux mille et un carrefours que nous traversons dans notre existence, qui sont autant de moments de choix.

     

     

     

    Au-delà, de la perception, il y a la conscience.

     

    Pour définir la réaction appropriée, il faut s'approprier la situation ! C'est le rôle de la conscience. C'est celle qui nous fait appréhender la situation, qui nous donne une certaine hauteur de vue. Elle prend en compte et agrège l'ensemble des informations collectées. Elle organise les différents éléments disponibles ; elle les relie entre eux, les classe, les hiérarchise. Elle distingue notamment les informations utiles et celles qui le sont moins, l'essentiel et le superflu, le vrai et le faux (ou ce qui est supposé tel). Au final, la conscience nous fait conceptualiser la situation, concevoir les choses : on se fabrique dans sa tête comme une sorte d'image, un schéma de la situation.

     

    L'intelligence suppose donc la capacité de se faire une représentation juste, exacte de la réalité, avec ses tenants et ses aboutissants ; une représentation à la fois synthétique et opérationnelle ; d'avoir une vision claire de la situation ; de faire toute la lumière sur l'affaire. C'est cela qui nous permet de trouver rapidement la solution. Comme on dit : "Un bon dessin vaut mieux qu'un long discours". L'intelligence c'est notamment la capacité de se faire une idée claire d'un texte ou d'un discours complexe, confus ou abscons. Le signal brouillé devient clair comme de l'eau de roche ! Le message est décodé et on est ainsi en capacité d'analyser et d'exploiter les informations qu'il contient. Dès lors que l'on est en conscience de la situation, le gros du travail de l'intellect est fait ; on a plus qu'à en déduire la solution adaptée.

     

     

     

    Au point de jonction entre la perception et l'action appropriée, il y a aussi un autre outil primordial pour l'intelligence : la mémoire.

    La mémoire c'est bien sûr, en premier lieu, la capacité de mémoriser, d'enregistrer et de stocker les informations qui nous parviennent (par la bouche de quelqu'un, par un texte, une vidéo...) ; ce qu'on voit, ce qu'on entend, ce qu'on ressent. C'est la capacité également de retenir les leçons de l'existence ; de les capitaliser ; en clair : apprendre... C'est une fois que les informations sont stockées (et bien rangées!) qu'on peut les appeler connaissances...

     

    L'intelligence suppose la capacité à se servir de ses connaissances, de ses apprentissages, des acquis de son expérience. Cela suppose d'avoir une bonne mémoire. Mais, avoir une bonne mémoire, ce n'est pas tant être capable de tout enregistrer qu'être capable de se souvenir, de pouvoir faire appel aux informations que nous avons stockées, d'aller chercher dans notre mémoire, et d'aller y retrouver l'information utile, pour la faire resurgir.

     

    Notre intellect croise alors les signaux captés par nos sens dans l'instant t avec les informations stockées en mémoire pour en déduire la conduite à adopter. C'est cette mise en perspective qui, dans bien des cas, est la clé de la réussite. C'est la force de l'expérience ! Grâce à la mémoire, on sait notamment établir des liens de cause à effet ("si je fais ça, il se passe ça") ; et donc on sait ce qui marche et ce qui ne marche pas. Et en capitalisant les informations apprises, jour après jour, on obtient une masse d'informations utiles qui permettent une analyse fine des situations. Si au sein du monde animal l'espèce humaine se distingue par son intelligence, cela est lié en grande partie au fait de posséder le langage (qui permet la transmission des informations entre individus, y compris de génération en génération) et à notre mémoire.