• Marre de ce temps pourri ? Lisez Epictète, et détendez-vous !

    Le temps qu'il fait a toujours été le sujet de conversation numéro un, mais là il faut reconnaître que la météo que nous avons en ce moment fait beaucoup parler d'elle. Selon le degré d'emportement des personnes, on entend parler de triste temps, de temps morose, de temps de chien, de temps pourri, et bien sûr de temps de merde !

     

     

    Avez-vous conscience que tout cela n'est rien d'autre qu'une "évaluation" ? Comme le dit le philosophe Laurent Gounelle dans ce petit et néanmoins très intéressant article1 (article Epictète) : "Nous affirmons qu'il ne fait pas beau alors que la pluie, en soi, est neutre." Cet article parle de la philosophie d'Epictète. Pour simplifier à l'extrême sa pensée, Epictète distingue ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas, et nous conseille de ne pas nous en faire pour ce qui ne dépend pas de nous. Comme le temps qu'il fait par exemple !

    Plus facile à dire qu'à faire ? Peut être. Mais je trouve que cela vaut le coup d'essayer de changer de posture (par rapport à la météo ou aux multiples évènements "contrariants" qui peuplent chacune de nos journées : train en retard, téléphone qui tombe en rade...)

    Epictète est le fondateur du courant que l'on a appelé le stoïcisime. Je ne crois pas cependant que la posture à laquelle il appelle consiste à endurer stoïquement toutes les choses de la vie2. Je crois qu'il faut les accueillir, plus que les accepter (sachant qu'on accepte avec sa tête, mais qu'on accueille avec son cœur...).

    Cette posture d'accueillir les choses, je l'ai découverte avec la CNV – la communication non violente (VOIR ARTICLE SUR CE BLOG). En CNV, des phrases comme "Quel temps pourri !" sont elles aussi reconnues comme des évaluations3, et non comme des observations (une observation serait : "Il a plus sans discontinuer de 9heures à 23 heures"). Et ce qui va nous intéresser, c'est surtout le sentiment qui est lié à cette évaluation, à ce que nous ressentons à l'intérieur de nous. En l'occurrence, s'agissant d'une évaluation négative, il s'agit d'un sentiment "négatif" (nous ne nous sentons pas bien : nous sommes triste, en colère, dépité, excédé...).

    C'est là qu'il y a un lien avec la philosophie d'Epictète, c'est qu'en CNV nous n'attribuons pas la responsabilité du comment nous nous sentons à la chose extérieure : ce n'est pas le temps pluvieux qui nous rend triste ; il n'est pas responsable de notre tristesse ! Ce sentiment est, c'est tout, et c'est le nôtre. Nous sommes tristes. Point. Comme si, en quelque sorte, nous faisions le choix d'être triste. En fait, on distingue clairement l'élément déclencheur, le stimulus (le temps pluvieux, l'embouteillage sur la rocade, la phrase de votre mari au petit déjeuner qui vous est restée en travers de la gorge...) de ce qu'il provoque en nous (le sentiment), et qui nous appartient strictement4.

    Tout d'abord, plutôt que de se lamenter, on va chercher à exprimer le plus fidèlement possible ce que l'on ressent, à être vraiment en lien avec nos sentiments. Ensuite, et c'est l"étape essentielle selon moi, on va essayer de comprendre ce qui, au fond de nous, nous fait sentir comme cela ; de prendre conscience du ou des besoins qui sont derrière ces sentiments, et qui ne sont pas nourris. Quand on se lamente (ou quand on se réjouit !), ce sont nos besoins qui nous parlent !

    Au final, par exemple, au lieu de dire "Ce temps pourri me déglingue !", on dirait plutôt à l'intérieur de soi : "hum, avec le temps pluvieux qu'il fait depuis une semaine, je me sens triste et sans énergie. J'ai vraiment besoin du soleil pour me régénérer."

    Il s'agit de prendre conscience de ses besoins, d'être en lien avec eux, et de les accueillir. En général, déjà rien que ça, ça nous fait du bien et nous apaise. Satisfaire le besoin est peut être, au fond, moins important que de la conscientiser.

    Aussi, une fois que ces besoins sont reconnus, on peut voir si l'on ne peut pas trouver d'autres stratégies pour les nourrir que la voie que l'on pensait employer au départ. Les nourrir autrement, maintenant ou à un autre moment. Par exemple : si vous avez besoin de vous défouler, il y a peut d'être moyen de le faire sans sortir de chez vous. Ou si le besoin est vraiment très fort, vous vous sentirez peut être de vous équiper pour aller faire un footing en prenant le risque d'essuyer une petite averse...

     

    Le but de tout cela : c'est se sentir bien, ou mieux, dans la situation dans la quelle on se trouve. Je ne dis pas que cela marche tout le temps ! La CNV n'est pas un remède miracle ! Par contre, là aussi, je me dis que l'on peut essayer ; essayer de ne pas faire dépendre notre moral du temps qu'il fait !

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    1 Tiré du magazine "Clés" de mars 2013.

    2  J'ai eu un premier contact avec Epictète durant mon enfance : j'avais un livre formidable présentant en quelques lignes des personnages célèbres, qu'ils soient réels ou imaginaires, et dans tous les domaines (science, histoire, sport...). Le dessin qui accompagnait la présentation d'Epictète et des stoïques représentait un garçon en train de se prendre une méchante fessée de la part de son père, mais avec un large sourire sur les lèvres... C'était cela être stoïque !! Ce dessin m'a beaucoup marqué. Je crois qu'à l'époque je ne comprenais même pas bien ce qu'il voulait représenter ; pour moi, être insensible à la douleur de la fessée était quasiment inconcevable... Alors pouvoir s'en réjouir...!

    3   On parle en CNV de "langage chacal", quand notre langue reflète "brutalement" et directement tout ce qui nous fait du mal au fond de nous ; en opposition au "langage girafe", quand on a pris de la hauteur et que l'on est plus détendu...

    4  La "preuve" étant que face à un même stimulus, différentes personnes vont réagir différemment. Exemple de dialogue : "– Vous avez vu comme le voisin nous a agressé en nous demandant de déplacer la voiture ?! – Non, moi j'ai trouvé qu'il nous a parlé poliment, et qu'il était légitime à nous demander cela. J'aime bien quand les gens sont "cash" et tournent pas autour du pot. "

     

     


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