• Politique : la probité avant la compétence !

    Pour exercer une fonction politique (d'adjoint au maire à président de la république en passant par député ou conseiller départemental), il faut indéniablement posséder de nombreuses qualités...

     

     

    On peut notamment citer les qualités suivantes, sans ordre de priorité :

    • avoir des connaissances et des compétences "techniques" sur la gestion de "la cité"

    • avoir une bonne énergie, du courage, de la pugnacité...

    • être disponible

    • savoir décider

    • être capable de porter de lourdes responsabilités (avoir les épaules, comme on dit...)

    • avoir de l'autorité

    • savoir écouter, parler, dialoguer

    • avoir le sens de l'intérêt général

    • être capable de se faire élire (convaincre, séduire, mobiliser...)

     

    Aujourd'hui plus que jamais, politicien est une profession... Et une profession exigeante ! Le candidat aux fonctions politiques doit répondre à de multiples critères. Celles et ceux qui les remplissent tous sont des perles rares... A la vérité, il n'est même pas raisonnable d'attendre de quelqu'un qu'il possède toutes ces qualités à un niveau élevé...

     

    En revanche, et avant celles que j'ai citées, il semble qu'il y a une qualité indispensable, une qualité première sans laquelle les autres ne valent rien ; une condition sine qua non pour exercer une fonction publique : c'est l'honnêteté ! Ou si l'on préfère : la probité, l'intégrité, la décence, la droiture, la moralité, la dignité...

     

    L'élu(e) doit être digne d'exercer une fonction publique ; celui qui se voit remettre le pouvoir, le pouvoir de conduire même temporairement la destinée collective, doit en premier lieu être digne d'estime ; et digne de confiance. Il ou elle est respectable et respecté-e, dès lors qu'il ou elle respecte scrupuleusement les règles sociales. La confiance que l'on place en lui est absolument indispensable. Sans confiance on ne peut raisonnablement bâtir aucun édifice ou projet ; et de ce fait, on ne peut pas vivre sans confiance.

     

    Les "affaires" qui sortent régulièrement dans la presse sont autant d'indignités qui entachent l'honneur des hommes et femmes politiques concernés. Elles les disqualifient. La multiplication des "affaires" conduit même à souiller l'honneur de la "classe politique" dans son ensemble. Et elle génère au sein de la population le fameux sentiment de défiance.

     

    Dès lors il est évident que tout homme et toute femme dont l'honnêteté est mise en question ne peut qu'être exclue des fonctions publiques. Il est absolument indécent et inacceptable qu'un candidat à une fonction publique puisse continuer à prétendre exercer ces fonctions : il doit se retirer. De même, tout homme politique disqualifié au cours de son mandat a le devoir moral de démissionner.

     

    Attaquer le système judiciaire lorsqu'on est mis en cause est encore plus inacceptable. Même si ce système est clairement imparfait et non exempt parfois de corruption, le culot avec lesquels M. Fillon d'un côté, Mme Le Pen de l'autre, s'en prennent en ce moment à la justice est intolérable et méprisable. S'ils ne respectent pas même cette institution fondamentale de notre régime politique, que respectent-ils ? Pour une fois que le système judiciaire fait son travail1, il est malséant de lui reprocher !

     

    Et il est également malvenu de se retrancher derrière le principe juridique de la présomption d'innocence : même innocents, pour l'homme ou la femme politique soupçonnés de corruption le choix le plus honorable, dans le doute, est de se retirer de leurs fonctions ; mais s'ils se savent coupables des faits qui lui sont reprochés ils doivent se retirer sans attendre que l'instruction statue officiellement sur l'infraction. Aux citoyens d'exiger ce retrait. Aux citoyens d'avoir l'exigence de l'honnêteté, et en particulier de se refuser à voter pour tout candidat corrompu2.

     

    Au delà des simples justiciables, les conséquences de ces scandales sont considérables, envers chaque citoyen et envers les enfants qui sont les citoyens de demain. Comment leur apprendre le respect des règles du vivre ensemble, comment leur inculquer l'honnêteté, comment leur demander de dire la vérité, comment les aider à devenir des adultes responsables (je commets volontairement ce pléonasme...) si, au lieu d'incarner l'excellence morale, ceux qui sont censément les "élites de la nation" se complaisent dans le mensonge et le déni, et qu'ils n'assument pas leurs fautes ? Comment exiger des enfants et des jeunes l'honnêteté si nous l'exigeons pas fermement de ceux qui sont censés nous représenter ?

     

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    1 Un livre vient de paraître qui met en lumière l'impunité dont jouissent régulièrement les hommes politiques : Impunités - Une justice à deux vitesses, de Vincent Le Coq ; Nouveau Monde éditions (Impunités)

    2 C'est encore malheureusement trop souvent le cas. Les réélections faciles de personnalités lourdement soupçonnées de corruption, voire déjà condamnées par la justice, comme les sieurs Balkany ou Dassault par exemple, génère chez moi une certaine amertume envers mes concitoyens...


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