• Economie

     

    L'économie c'est, d'un point de vue macroscopique, l'ensemble des moyens par lesquels les sociétés humaines assurent leurs besoins. Elle comporte deux dimensions :

    ° d'une part la production : produire ce qu'il nous faut, biens et services

    ° d'autre part la distribution : comment ce qui est produit arrive jusqu'aux différentes personnes, quelles sont les conditions d'accès aux différents biens et services.

     

    L'économie ne devrait être que cela : la façon dont la société assure ses besoins. Seulement, la réalité est un peu différente. Dans une économie capitaliste, les moyens de production (et de distribution : usines, machines, terres agricoles, camions, magasins...) appartiennent à des personnes – les capitalistes – qui y ont investi leur capitaux. Et, à de rares exceptions près, cet investissement n'a qu'un seul but : faire grossir le capital misé au départ. L'économie, l'activité économique (production et distribution), est totalement subordonnée à cet objectif, et ainsi totalement dévoyée. L'économie n'a pas tant pour but de produire les biens et les services demandés par la population1 que d'enrichir ceux et celles qui avaient déjà la chance au départ de posséder un capital2. L'économie est le moyen d'enrichissement d'une classe de possédants ; et la production de biens et de services n'est qu'un alibi pour leur faire gagner de l'argent.

     

    Avec le capitalisme, nous sommes dans une "économie de l'offre", et non dans une "économie de la demande". Il faut produire beaucoup, parce que plus on produit, plus on vend et plus ça rapporte ! Il faut produire un maximum, parce que l'appétit des investisseurs est insatiable, et non parce que "la demande" de la population est infinie... La finitude des besoins humains est d'ailleurs un problème pour les capitalistes puisqu'elle tend à diminuer leur enrichissement...

     

    Première solution pour eux : produire pour un maximum de gens, et donc produire pour l'humanité tout entière, et pas seulement pour la population du pays où l'on est implanté. C'est l'impératif de l'exportation3, exacerbé par l'arrivée de la mondialisation à la fin du XXème siècle.

     

    Deuxième solution : doper la demande. Pour cela, il y a 3 grands moyens :

    1) la publicité et le marketing : on stimule l'appétit du consommateur pour acheter tel bien ou tel service, dont il se serait passé sinon... On créé un besoin, ou une envie. Y compris le "besoin" de changer la montre ou le téléphone que l'on possède et qui fonctionnent très bien mais que "la mode" véhiculée par la publicité rendent désuets.

    2) L'obsolescence programmée : au cas où l'effet de mode ne serait pas assez fort pour vous pousser à consommer, on fabrique des produits de mauvaise qualité qui vont devoir être remplacés par un produit neuf assez rapidement (par exemple avec des composants qui vont "lâcher" après un court délai d'utilisation). La réparation (des chaussures, des imprimantes, des machines à laver, des meubles...) est rendue techniquement et financièrement rédhibitoire, et – bing ! – le consommateur repasse à la caisse pour "faire tourner l'économie"...

    3) Le crédit : le consommateur a un autre gros défaut : il n'a pas assez d'argent à donner aux capitalistes !4 Avec le crédit on lui permet d'acheter plus de choses qu'il ne pourrait s'offrir à un instant t. On dope ainsi artificiellement, et sans vergogne, le volume des achats5. Et en plus, les banques en profitent elles aussi pour s'enrichir, en faisant payer chèrement le fait de lui prêter de l'argent qu'elles n'ont pas...6 Empruntez, braves gens, soyez patriotes, soutenez "votre" économie !

     

    Bref, dans une économie capitaliste, une "économie de l'offre", il est impossible d'une part d'assurer les besoins de tout le monde et d'autre part de limiter le niveau de consommation aux besoins réels et à ce que la Terre est capable de supporter. Pour celles et ceux qui en doutent encore, j'affirme que l'économie capitaliste, mue uniquement par le désir d'enrichissement de quelques uns, ne peut en aucun cas être écologique, malgré toutes les tentatives de "verdissement" possibles.

    Une autre économie, d'autres économies sont possibles !

     

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    Notes :

    1  Au contraire, certains biens et services qui seraient pourtant utiles à la population ne sont pas produits par "l'économie", parce qu'ils sont sans intérêt pour les investisseurs, parce qu''ils ne rapporteraient pas d'argent, ou pas assez... C'est fou ! Exemples : la distribution du courrier ou les soins hospitaliers en rase campagne, ou l'accès à l'eau potable et à d'autres choses vitales en Afrique...

    2  Un capital dont ils n'avaient pas spécialement l'utilité, puisqu'ils ont pu l'immobiliser dans une entreprise...

    3  Il nous paraît totalement naturel que les entreprises que nous avons autour de nous ou dans notre pays aillent "conquérir des marchés à l'étranger". Pourtant, l'exportation ne me paraît impérative que pour compenser les importations de biens qui ne peuvent être produits sur place ; elle devrait donc être assez limitée. L'idée selon laquelle un pays ou une entreprise doivent chercher à produire beaucoup plus que les besoins de la population et à "fournir le monde entier" (comme la Chine actuellement, qui veut être "l'usine du monde") me paraît tout sauf naturelle. Et tout sauf écologique ! Augmentons l'autonomie des territoires et relocalisons les activités !

    4  Mon petit doigt me souffle que peut être on ne lui en donne pas assez... Et que la répartition des "richesses" produites n'est pas équitable...

    5  Y compris le volume des achats immobiliers. Voir le point de départ de la fameuses "crise des subprimes" aux Etats-Unis.

    6  Voir le petit film fort intéressant "L'argent dette" de Paul Grignon, disponible – gratuitement ! - sur Internet.

     

     

     


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