• Catastrophisme

     La période que nous vivons actuellement relativement à la dégradation de l'environnement constitue bel et bien une crise1 : ce passage est décisif pour l'avenir. Si la tendance actuelle n'est pas inversée, l'avenir de nos enfants et petits enfants sera particulièrement sombre.

    Certains m'accuseront de catastrophisme. Je ne les contredirai pas ! Ce qui approche a tous les visages d'une catastrophe. Comme le dit Jean-Paul BESSET, "la catastrophe acquiert aujourd'hui le statut de perspective rationnelle"2. La catastrophe est même en partie déjà là !

    Nul ne peut prédire l'avenir et chacun aura sa propre vision de la vie des hommes dans les prochaines années, les prochaines décennies, les prochains siècles. Toutefois l'heure n'est plus au scepticisme : le catastrophisme des écologistes n'est plus le fait d'un individu isolé terrorisant les foules, mais bien de la communauté scientifique mondiale qui peut chaque jour constater, observer et mesurer la dégradation de l'environnement, dans ses différentes dimensions. Et l'heure n'est pas non plus au négationnisme : les phénomènes observés sont bel et bien le fait des activités humaines3. En tout état de cause, je ne crois pas que le catastrophisme, quand il est basé sur des données factuelles, ait moins sa place dans le débat public qu'une certaine forme d'optimisme aveugle et naïf basé par exemple sur les miracles attendus de la technologie.

    Mais que l'on ne se méprenne pas : il ne s'agit pas d'être catastrophiste pour être catastrophiste, de tirer la sonnette d'alarme pour le plaisir, et encore moins de faire peur pour faire peur. Le catastrophisme écologiste diffère largement du catastrophisme du passé ; par sa finalité : il n'a d'autre objectif que de faire prendre conscience au plus grand nombre de personnes de l'approche de la catastrophe. Et cette prise de conscience n'a qu'un seul objectif : éviter la catastrophe4. La perspective employée se situe dans le volontarisme, et non dans un pessimisme stérile, qui se complait dans l'inaction. Car le but de ce catastrophisme est bien l'action. Il s'agit de trouver des solutions pour avancer.

    Pour cela il faut savoir vers quoi l'on se dirige. Il faut regarder la réalité en face, ne pas se voiler la face, et se méfier des mirages... La première étape consiste à bien analyser et comprendre le problème. Dans le fond et pas en surface. Il serait impossible de le résoudre autrement... Et il faut au final prendre les décisions qui s'imposent, à tous les niveaux, et trouver les solutions véritablement adaptées à la situation.

    Les catastrophistes revendiqués dont je fais partie incluent dans leur prédictions les "sursauts" dont l'humanité est capable et qui sont susceptibles d'infléchir significativement les tendances. L'incertitude, l'imprévisible, c'est là que réside, derrière la noirceur du discours écologiste, un éléments essentiel : l'espérance…



    Voir aussi :

     

    Retrouver-l'espérance

     

     

    Catastrophisme - 2, le retour !

     

     

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    1 Crise : "Nom féminin ; Sens 1 : moment d'une maladie, caractérisé par un changement subit et généralement décisif, en bien ou en mal ; Sens 3 (par analogie) : phase grave dans l'évolution des choses, des évènements, des idées". Petit Robert, édition 2004.

    2 Jean-Paul Besset, "Comment ne plus être progressiste… sans devenir réactionnaire", Fayard, 2005. Ancien journaliste (Le Monde), ancien dirigeant de la fondation Nicolas Hulot, Jean-Paul Besset est actuellement euro-député (Europe Ecologie- Les Verts ; il a toutefois renoncé en décembre 2010 à toute responsabilité au sein de ce mouvement).

    3 En matière de changement climatique, quelques intellectuels ont soutenu jusqu'à ces dernières années que l'homme n'y était absolument pour rien. S'il est vrai qu'une grande partie des émissions de gaz à effet de serre (GES) est naturelle (éruptions volcaniques par exemple), la communauté scientifique réunie au sein du GIEC (Groupement Intergouvernemental d'Expert sur l'évolution du Climat) a démontré dans un rapport publié en 2006 que le changement climatique est bien dû aux émissions anthropiques. La part des émissions humaines dans les émissions totales de GES, faible en relatif, a réussi à rompre les équilibres climatiques.

    4 Ibid.. L'auteur note également qu'alors que la catastrophe était autrefois produite par des circonstances accidentelles, imprévisibles, et extérieures à l'homme, elle est aujourd'hui un destin annoncé, qui sera produit par des circonstances bien identifiées, et imputables non à l'extérieur mais à l'homme lui-même.

     


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