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Changement de civilisation, décroissance, après-développement, transformation sociale... Un autre monde, d'autres mondes sont possibles ! Vous trouverez sur ce blog quelques réflexions personnelles pour avancer sur un autre che

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Le principe de précaution

 

 

 

Même si ce n'est pas Hans Jonas qui l'a formulé, le « principe de précaution » est évidemment relié à son « principe responsabilité »1. Or il faut se poser la question de la mise en pratique de ce dernier. Si on veut agir, et en particulier si les pouvoirs publics veulent agir de manière à préserver l'intérêt des générations futures, il y a bien des choix à faire. Au moment d'une décision donnée il y a bien une évaluation à faire (ex : construire ou non un nouvel hypermarché, autoriser ou non la mise sur le marché du dernier OGM de Monsanto, acheter tel appareil ou tel autre ou aucun, etc.) ; une évaluation préalable des conséquences de sa décision (c'est ça la responsabilité). Et, en fonction des résultats de cette évaluation, on fait tel choix ou tel autre, on fait telle chose, ou on y renonce, ou on l'adapte à l'objectif supérieur qui guide notre conduite (dans le cas du principe de précaution, cet objectif supérieur s'appelle l'écologie).

 

 

 

Car qui dit "évaluation" dit "critères". Le principe de précaution traduit l'importance, si ce n'est la primauté, que l'on accorde au critère écologique, c'est à dire à l'équilibre entre les activités humaines et la nature2.

 

 

 

Le principe de précaution n'implique pas de ne rien faire, de renoncer à tout ; il implique juste de réfléchir avant d'agir ! C'est tout. Si l'on estime que tel projet est néfaste, on n'y va pas, ou pas de la façon prévue initialement ; si on estime au contraire que « ça passe », que l'on ne craint rien, qu'il n'y a pas de menace, on y va. Le principe de précaution n'interdit pas tout !

 

 

 

Il en va du principe de précaution comme de toute règle éthique ; l'éthique n'interdit pas tout ; elle permet de faire ce que l'on estime conforme à la règle que l'on s'est donnée, et rejette le reste. Le végétarisme, par exemple, interdit de manger ce qui provient d'un animal tué : il n'interdit pas de anger !3 Mais il est clair que toute règle éthique implique forcément de se fixer certaines limites. Et notamment le principe de précaution.

 

 

 

Je pense que c'est là que le bât blesse nos détracteurs : dans le fait d'accepter des limites. Je suppute que leur désir profond soit « je veux pouvoir faire n'importe quoi sans me poser de question », « je ne veux pas d'entrave, pas de limite ». Dans ces conditions, il faut qu'ils rejettent tout principe éthique...

 

Pour être plus juste avec eux, je crois en fait que s'ils rejettent le principe de précaution c'est que dans le fond ils n'adhèrent pas véritablement à l'objectif supérieur au nom de quoi il est pris : l'équilibre écologique, le souci des générations futures. La préservation des générations futures ne leur importe pas vraiment, ou pas suffisamment pour accepter, pour supporter, pour vouloir les contraintes, les limites, que l'écologie implique en tant qu'éthique ; l'équilibre écologique, la préservation de la nature, oui, mais sans s'imposer de limite. Cela ne tient pas debout. Il faut consentir à s'imposer des limites, à poser des limites à ce qui peut détruire la nature, et l'homme ; et éviter la démesure4.

 

 

 

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Voir le prologement de cet article : Le principe de rentabilité.

 

Voir aussi les articles sur Ethique et Ecologie

 

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1 Hans Jonas aboutit à un impératif qui peut être formulé des façons suivantes : 1. « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre ». 2. « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie ». 3. « Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur terre ». 4. « Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir » (source : banquet avec Onfray)

 

2 Voir ma définition de l'écologie ICI.

 

3 Il faut convenir aussi que le fait de se donner une règle éthique n'empêche pas que l'on y déroge dans certaines circonstances. Lorsque l'on a guère le choix d'une part, et par simple tolérance d'autre part. La règle n'est pas absolue, et, si les conséquences de l'infraction sont limitées, on peut s'autoriser de déroger à la règle de temps en temps. Par exemple, le fait de privilégier en général l'achat de produits locaux n'empêche pas de s'acheter du chocolat de temps en temps...

 

4 La fameuse « hubris » des anciens Grecs.

 

 

 

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