• Dénonciation vs. délation

     

    Distinction entre la dénonciation et la délation.

     

    • La dénonciation, comme l'indignation, est une réaction contre quelque chose, mais qui est sous-tendue par l'aspiration à quelque chose de positif1. La dénonciation est en fait une sorte de revendication2 : la revendication d'un droit, de quelque chose qui est dû.

     

    Dans le cas des violences sexuelles, les femmes revendiquent la paix et le respect de leur intégrité. Une sorte de "Laissez-nous tranquilles".

     

    • La délation, elle, est inspirée par des motifs méprisables. Derrière le motif de dénoncer un acte répréhensible se cache une vengeance. Le but de la délation est de faire du mal à l'autre, avant de se satisfaire soi ou de défendre l'intérêt collectif.

     

     

     

    La frontière entre les 2 est cependant poreuse...

     

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    1 De même, il me paraît important de contredire l'idée selon laquelle les mouvements "anti" (-capitalistes, -racistes, -avortement, -grands-projets-inutiles, -nucléaire, -mariage-pour-tous, -burka...) sont d'essence négative ; qu'ils sont uniquement dans l'opposition (ce qui est une manière de les dévaloriser, délégitimer...). Même si cela n'est pas toujours affiché, il est clair que ces mouvements sont animés par des valeurs, qui sont par essence positives (pour reprendre l'ordre des exemples précédents : l'équité et la justice sociale ; l'égalité entre tous les hommes ; la vie ; la bonne utilisation de l'argent public et la nature ; la sécurité et le respect des générations futures ; la famille traditionnelle ; le respect des femmes) ; ils sont animés par des besoins qui sont par essence légitimes et indiscutables. Il m'apparaîtrait toutefois souhaitable que ces mouvements mettent davantage en avant la dimension positive de leur combat ; ce pour quoi ils se battent, plutôt que ce contre quoi ils se battent.

     

    2 L'homme peut s'autoriser à dénoncer l'injustice totale du monde et revendiquer alors une justice totale". Albert CAMUS (cité par Le Robert – éd. 2004). A noter toutefois qu'étymologiquement la revendication présente un cousinage avec la vengeance...